titre_mira.jpg (14543 octets)

Site web officiel de MIRA: http://www.mira.ca

Le bouvier bernois selon Éric St-Pierre, fondateur de MIRA...

Le bouvier bernois est un animal majestueux et précieux. À l'intérieur comme à l'extérieur, il est sensible et noble. S'il vous arrive de croiser le regard d'un bouvier, vous comprendrez tout le sens de mon discours, car il vous transpercera sans vous glacer, vous atteindra jusqu'à l'âme en vous donnant la certitude qu'il lit à l'intérieur de vous.

Ceux qui envisagent d'acquérir un bouvier se rappelleront qu'il prend la mesure de l'homme avec qui il partage son existence, qu'il est un brillant observateur utilisant naturellement la méthode du pas de recul, et qu'il effectue une synthèse chronologique de vos habitudes, qu'il choisira ou non de partager. Traitez-le comme une personne-chien et vous serez comblé.

Souvenez-vous de ma version empirique des faits qui place l'âme du bouvier à son stade ultime, dans le corps d'un animal, le rôle échu à l'homme étant alors de faire preuve de l'empathie nécessaire pour laisser cet âme transparaître.

Ce que j'aime par-dessus tout chez le bouvier, c'est ce que je ne sais pas de lui. À chaque fois que j'entreprends d'éduquer cet animal, je ne sais jamais si je serai complètement à la hauteur. Le doute, celui qui fait chercher encore, m'allume et me fait voyager à l'intérieur d'une réalité merveilleuse qui a pour nom bouvier bernois.

À ceux qui ont contribué au développement de cette race, je dis merci, avec toutes mes félicitations.

Le labernois selon Éric St-Pierre, fondateur de MIRA...

Une race neuve au service des humains

Est-il possible pour un homme d'aimer deux femmes en même temps? D'être en amour à deux endroits au même moment? Possible, certes, mais pas facile à vivre. Vouloir réunir deux personnes est aussi une ambition irréalisable. Le labrador tout comme le bernois sont deux races que j'aime beaucoup. Dans les deux cas, je ne taris pas d'éloges à leur sujet, bien que ce que j'apprécie dans l'un soit aussi ce que je déteste dans l'autre. L'un pardonne sans réserve, tandis que l'autre est rancunier, l'un est réservé et délicat, l'autre rustre et maladroit. Quand mon premier vit heureux sans condition, mon second est tenaillé par le doute. L'infidélité du labrador jure avec la fidélité du bouvier, comme la rectitude et la rigidité de ce dernier contraste avec la souplesse sinueuse du précédent.

Physiquement, ils possèdent tous deux une magnifique apparence. Conscient de me valoir la foudre des éleveurs militant pour la conservation et la protection des races pures, j'ai quand même osé croiser deux de ces spécimens, ce qui a donné un hybride des plus intéressants, comme si la nature avait permis l'harmonisation des deux races, en prélevant à part égale des qualités dans l'un et dans l'autre. Par conséquent, il est permis de croire qu'une sélection minutieuse de l'hybride, candidat à la reproduction, permettra la création d'un chien spécialement conçu pour servir les personnes handicapées dans le prochain millénaire. On peut dire sans trop se tromper que le labernois est encore sur le banc d'essai. Nous nous devons de choisir avec minutie les candidats hybrides qui constitueront la souche de cette nouvelle race de l'an 2000, à qui il faudra cinq générations pour être reconnue comme telle, ainsi qu'un minimum de huit couples parfaits de souche suffisamment éloignées les une des autres.

Peut-on m'accuser de prétention à vouloir relever pareil défi? Je laisse à mes détracteurs le soin d'en débattre, mais je jure à tous que l'entreprise sera menée avec la plus grande modestie, le plus grand respect.

 

Lettre d'un petit bouvier prêt à devenir chien-guide

Une batterie de tests

Une bien belle place pour un animal, c'est sûr, mais lorsque j'ai dû quitter mon foyer d'accueil pour revenir à la Fondation, ça m'a fendu le coeur de voir pleurer à chaudes larmes toute la famille qui était si triste de me voir partir. À partir de ce moment-là, finie l'insouciance de la jeunesse, les choses sérieuses venaient de commencer et il m'a fallu m'habituer à une existence qui rappelle un peu la vie de caserne. Avec les deux autres chiens de mon box, nous avons subi une batterie de tests destinés à mesurer nos aptitudes et à évaluer si nous étions bons pour l'entraînement. On peut dire qu'ils nous ont observés sous toutes les coutures et qu'ils ont poussé la curiosité jusqu'à l'indiscrétion. Ils voulaient savoir si nous étions attirés par les chats ou par les petits chiens, si nous étions gourmands et très intéressée par la nourriture, si la stimulation olfactive tenait une grande place dans nos vies. Ils cherchaient à analyser nos réactions face à l'apparition d'un étranger à l'allure un peu inquiétante, à déceler les situations susceptibles de nous faire peur, comme le passage d'un camion à quelques centimètres de nous ou encore la présence d'un objet fixe dans le décor urbain. Ils voulaient connaître nos attitudes à l'intérieur d'un environnement automobile stressant, nos réactions face à un changement de nature du sol, notre niveau de tolérance à se faire manipuler par un inconnu, notre bon vouloir à emprunter des escaliers.

Cette bande de maniaques de l'information canine, ces obsédés de l'éthologie nous ont même filmés individuellement sur vidéo à l'occasion de chacun de nos tests. Une belle banque de données que entraîneurs consultent systématiquement pour mieux nous connaître avant de commencer leur travail et pour choisir ceux et celles d'entre nous qui possèdent les qualités requises pour faire un bon chien-guide. Avez-vous pensé à ce qui arriverait si l'un de nous, en train de guider un aveugle, s'immobilisait brusquement au beau milieu d'une traversée de rue, paralysé par la peur d'un poids lourd qui circule sur la voie d'en face?Imaginez-vous un chien-guide s'arrêtant sur son chemin pour fouiller les poubelles ou pour jeter un regard au matou du coin? Non vraiment, ce serait indigne de nous et voilà pourquoi il n'y a pas plus de place dans le programme de chiens-guides pour les poltrons que pour les gloutons. Qu'on se le tienne pour dit et qu'on ne s'étonne pas non plus qu'environ le tiers d'entre nous soient recalés avant même de mettre les pieds dans la classe d'entraînement. D'ailleurs, je dois confesser que la rigueur de la sélection fait complètement mon affaire, j'aurais détesté avoir à partager ma scolarité avec des cancres! Bon, avouons malgré tout que le nombre de jeunes candidats revenant des foyers d'Accueil et que les progrès réalisés par les brassages génétiques créent beaucoup de compétition sur le marché des chiens-guides, et je suis prêt à prendre le pari que ceux qui sont refusés chez nous auraient pu faire carrière ailleurs.